Une agriculture de haute montagne, exemplaire, biologique, naturelle

L’agriculture joue un rôle essentiel pour l’équilibre du Queyras mais elle est de plus en plus fragile.
L’élevage (bovin et ovin) constitue l'activité traditionnelle de l'agriculture de montagne car il s'adapte aux fortes contraintes environnementales (forte altitude, rigueur hivernale, faible surface cultivable...). C'est ainsi qu'il a contribué à favoriser la diversité des écosystèmes montagnards et il a profondément structuré les paysages traditionnels à forte valeur patrimoniale et économique.

Le milieu agricole est l’objet de profondes mutations : le développement de certaines filières (apiculture, maraichage…) et le déclin d’autres (élevage en général, production laitière…).

Ce territoire possède de nombreux atouts. Il constitue un espace de haute montagne à l’identité et aux paysages uniques.

Il possède des ressources agricoles et pastorales importantes, des paysages équilibrés et typiques et un potentiel de produits de très haute qualité.

Le tissu social y est encore dynamique avec des entrepreneurs et des projets innovants s’appuyant sur un savoir et une culture locale montagnarde.

L’orientation choisie dans la nouvelle charte est clairement celle de la préservation des terres agricoles de l’urbanisation et d’adopter un mode d’organisation de l’agriculture locale qui permette le renouvellement des exploitations. C’est aussi le choix résolu de produits de qualité avec un accompagnement vers les circuits courts de valorisation. Enfin, une problématique émergente est celle de l’alimentation intégrant des considérations de santé publique, d’éducation et d’accessibilité.

Concours national des Prairies Fleuries 2017 dans le Queyras : les prairies de fauche naturelles d’altitude à l’honneur

Pour la 7ème année, le Parc naturel régional du Queyras, en partenariat avec la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes, a organisé le concours des prairies fleuries.

La fauche des prairies naturelles offre un foin de qualité grâce à une forte diversité floristique. Ces prairies constituent la base de l’alimentation des troupeaux ovins et bovins pendant la longue période hivernale. Elles contribuent notamment à la santé des troupeaux et à la qualité des produits issus du territoire ; viande, lait, fromage et miel !

Les parcelles candidates ont été examinées par un jury d’experts agronomes, écologues et apicoles les 20 et 27 juin derniers en présence des agriculteurs concernés.

Quatre agriculteurs avaient proposé des parcelles situées sur, Molines en Queyras, Château Ville Vielle, et Guillestre

La remise des prix a eu lieu, quant à elle, lors de la Foire de la St Luc le 16 octobre à Guillestre, qui s’est tenu dans le cadre du Mois des Parcs naturels régionaux de PACA.

Le classement du concours 2017 a été le suivant :

  • 1er : Francis Blanc à Molines
  • Les 3 autres parcelles des candidats présentant toutes un bel intérêt, le jury a décidé de ne pas les départager.Franck Randu, François Humbert à Château Ville Vieille et Simon Philip à Guillestre

Le lauréat du Queyras représentera le territoire au concours national qui a lieu chaque année lors du salon de l’agriculture à Paris.

Ce concours permet de mettre en lumière le travail des agriculteurs sur les prairies, de communiquer auprès du grand public sur les enjeux de ces espaces et de favoriser des échanges entre le jury et les agriculteurs sur les qualités fourra¬gères, écologiques et mellifères de leurs parcelles.

Savoirs écologiques paysans

En 2015 et 2016, les Parcs naturel régionaux de la Région PACA ont travaillé ensemble sur les savoirs écologiques paysans avec l’association GEYSER.
Ce travail a donné lieu à un ouvrage publié début 2017, Vers l’agroécologie, paroles de paysans, qui entreprend de restituer, au gré des saisons et des territoires, des savoirs écologiques et des pratiques répondant aux défis agricoles contemporains.

Ses auteurs – issus des Parcs naturels régionaux et de l’association Geyser – sont convaincus que les réponses à ces défis doivent s’appuyer sur l’expérience des paysans eux-mêmes, et mobiliser à la fois leur capacité d’observation et d’innovation et l’héritage qu’ils ont reçu des anciens.
Loin des recettes miracles ou des modèles préfabriqués, ils proposent, à travers les témoignages recueillis dans cet ouvrage, de se rapprocher de ces connaissances locales et empiriques pour inventer une alternative cohérente et pragmatique au modèle actuel.

Bien sûr, la recherche scientifique et les politiques agricoles influencent la nécessaire transition agroécologique.

Mais il faut également regarder par-dessus la haie, dans les champs et dans les prés, écouter ce que disent les paysans d’aujourd’hui et entendre ce qu’ont laissé leurs parents et leurs grands-parents. Mieux encore, les agriculteurs doivent être au centre du changement.
C’est l’objectif affiché par les auteurs de cet essai qui souhaitent valoriser les expériences les plus prometteuses et favoriser les échanges et la réflexion collective autour de ces pratiques.