La forêt, le bois, source d’énergie et de vie

Fortes de leur particularité biogéographique, les forêts du Queyras, sont constituées essentiellement de conifères et, parmi eux d’essences très faiblement représentées en France : Mélèze, Pin cembro et Pin à crochets. Les paysages qu’elles offrent sont uniques sur le plan national.

Les travaux de recherche conduits ces dernières années viennent conforter le caractère exceptionnel du massif forestier queyrassin. Il possède un très haut niveau de naturalité. Cela s’explique par l’absence de gestion sylvicole depuis des décennies, voire des siècles, en raison d’une très grande difficulté d’accès liée au relief et au contexte géologique local. Par conséquent, ces « lambeaux » de forêt dits subnaturels, constituent le socle du développement d’une biodiversité forestière originale et importante qui colonise, autant que possible, des forêts gérées de manière plus traditionnelle.

Le rôle économique de la forêt dans ce territoire est particulièrement important et l’artisanat du bois y est très présent. Le logo du Parc naturel régional du Queyras en est l’illustration la plus parfaite : une rosace sculptée sur une essence locale, le Pin cembro.

Son rôle social est également primordial puisque l’essentiel des forêts du Queyras est composé de mélèze dont le feuillage fin et les colorations saisonnières constituent un attrait touristique indéniable.
Le Parc naturel régional du Queyras, sensible à l’ensemble des enjeux forestiers, travaille depuis longtemps sur cet habitat.

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Conservation et valorisation d’arbres pluri-centenaires dans la forêt de Praroussin à Ristolas.

En 2016, un contrat Natura 2000 « îlot de sénescence » a été signé par la commune dans le cadre de la Zone de Protection Spéciale pour les oiseaux (ZPS), gérée par le Parc naturel régional du Queyras.

L’objectif est d’exclure de coupes forestières éventuelles pendant au moins 30 ans 154 arbres présents sur la parcelle forestière 41 au lieu-dit « Bois de Praroussin ». Ces arbres ont été sélectionnés en fonction de leur diamètre et de critères de sénescence référencés. L’objectif final est donc de maintenir voire augmenter la biodiversité forestière liée à la phase catabolique de la forêt. Les petites chouettes de montagne, reliques boréo-alpines (Chevêchette d’Europe et Chouette de Tengmalm) sont particulièrement visées pour la ZPS de la vallée du Haut-Guil car elles constituent des enjeux importants.

En dédommagement, le dispositif Contrat forestier Natura 2000 compense la perte de revenus.

La recette pour cette opération pour la commune s’élève à 25 191 euros. Elle inclut également la conception et la pose de deux panneaux explicatifs.

Par cette contractualisation, la commune s’engage à marquer les arbres en question via un signe distinctif (triangle blanc pointé vers le bas). Ce marquage devra perdurer pendant la durée totale du contrat, soit 30 ans.

Ce premier contrat Natura 2000 forestier pour le Queyras a été possible grâce à la volonté du Président de l’Association Foncière Pastorale qui a accepté le déclassement de cette partie des zones agricoles.