Le vallon de Bouchouse abrite sur les berges de ses trois lacs (lacs Foréant, Baricle et Egorgéou) une formation naturelle peu commune dans l’ensemble de l’Arc alpin. Il s’agit d’un cortège organisé de petites plantes de marais, qui font l’objet de diverses protections, tant au niveau national qu’européen. Cet habitat particulier, plus répandu dans l’extrême nord de l’Europe ou en Sibérie, constitue pour la chaîne alpine un patrimoine exceptionnel : c’est un rescapé des grands bouleversements climatiques qui ont marqué l’histoire des Alpes. Lors des refroidissements climatiques, les fronts des glaciers en provenance du Nord de l’Europe et de la Sibérie ont poussé devant eux, jusqu’à nos latitudes, un cortège de plantes et d’animaux caractéristiques des zones arctiques. Au contraire, lors des réchauffements qui ont suivi, ces nouvelles espèces adaptées au froid ont été à leur tour éliminées. Cependant, certaines d’entre elles, comme le Lagopède alpin, la Laîche brun-noirâtre, le Jonc arctique, ont su se réfugier dans des vallons alpins, alors partiellement libérés des glaces, mais offrant encore, du fait de l’altitude, les conditions climatiques nécessaires à leur survie.
Cet habitat et les espèces protégées qui le composent font l’objet d’une protection depuis 2005 au travers d’un arrêté préfectoral de protection de biotope. Cet outil, interdisant initialement tout accès aux berges des lacs, a été modifié en 2011, en concertation avec les usagers concernés (élus, professionnels du tourisme et de l’accompagnement en montagne, représentants de la chasse et de la pêche) afin de permettre la fréquentation sur les zones les moins sensibles.

L’activité pastorale est également concernée avec l’engagement d’un contrat sur l’alpage afin de limiter le passage et le stationnement des brebis au bord des lacs. En parallèle, le Parc du Queyras a mis en place une démarche de sensibilisation autour du site, avec différents supports d’information et d’interprétation et un dispositif de maraudage en période estivale.
Un suivi fin de l’habitat est également réalisé afin d’évaluer son évolution et l’impact des mesures mises en place.
Le vallon de Bouchouse s’inscrivant dans un ensemble plus large, également témoin de ces conditions climatiques spécifiques liées aux alternances répétées de gel – dégel journalières ou saisonnières, le Parc du Queyras a lancé une dynamique d’aménagement et de requalification paysagère sur le col Agnel, en partenariat avec la commune de Molines et le département des Hautes-Alpes. Aujourd’hui, le Département mène ainsi un certain nombre d’actions sur le secteur du col Agnel, porte d’entrée principale du vallon de Bouchouse, afin d’améliorer l’accueil des visiteurs, ainsi que la protection et la valorisation de ce patrimoine naturel exceptionnel, mais aussi du patrimoine historique lié au col. Que vous soyez pêcheur, randonneur, pratiquant du VTT ou naturaliste, vous pouvez profiter des berges de ces lacs tout en les préservant : merci de respecter les zones en défens.

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