Pourquoi un mélèze ?
Le mélèze d'Europe (Larix decidua) est une espèce modèle pour étudier les effets des gradients altitudinaux car sa répartition est très large (entre 500 et 2500 mètres d'altitude environ). Adapté à un climat subalpin, cette espèce pionnière se développe facilement sur des sols pauvres en nutriments. De plus, elle résiste bien à la chaleur et à la sécheresse.
L'observatoire sylvicole, un projet collaboratif et participatif
Cet observatoire participatif s'inscrit dans un réseau de plusieurs dispositifs similaires (5 à ce jour dont 2 dans les Hautes-Alpes) qui permettent un maillage de données d'observation.
Le projet regroupe des acteurs de la recherche et des acteurs du territoire (relais locaux). Il a pour objectif de faire collaborer des usagers du territoire et des acteurs locaux, qui peuvent être intéressés et directement impactés par l'évolution des forêts du Parc naturel du Queyras et de la Réserve de biosphère du Mont Viso au regard des changements climatiques.
Ce projet rassemble à ce jour le Parc naturel régional du Queyras, l’association Forêts Alpines, l’INRAE (unités Zoologie Forestière et BioForA d’Orléans), l’Éducation nationale et la commune de Guillestre. Il est ouvert à tous les habitants et visiteurs du territoire.
Les sciences participatives.
Animer cet observatoire grâce à des sciences participatives. Les sciences participatives visent à mobiliser habitants et scientifiques autour de mêmes outils pour faire avancer collectivement la science. Les données peuvent être collectées et interprétées par toutes et tous. L’idée est d’atténuer l’impression parfois ressentie que les données scientifiques sont trop complexes et hors de portée.
4 outils en expérimentation
Quatre appareils sont fonctionnels et prennent des mesures toutes les 15 ou 30 minutes :
Un piège photographique des insectes (non létal) attire des insectes grâce à des phéromones. Les insectes tombent dans un entonnoir puis sont pris en photo. La prise de photographies s’effectue à intervalle régulier, avec une transmission des photos à distance, permettant d’identifier les insectes présents (majoritairement des Longicornes). Ce « piège vision » fonctionne grâce à un mini-ordinateur dont l’énergie est fournie par les panneaux solaires qui surplombent le dispositif.
A termes, les chercheurs aimeraient utiliser un mini-contrôleur pour que ce soit directement l’arrivée d’un insecte dans l’entonnoir qui déclenche la prise de vue. Une identification de l’espèce capturée serait aussi idéale.
Dans quelques mois, une plateforme permettra d’accéder, aux différents participants du dispositif, aux photographies.
Un boîtier blanc capte hygrométrie (degré d’humidité de l’atmosphère), température et luminosité. 12 petits capteurs de températures (appelées thermistances) y sont raccordés et permettent de relever la température avec une précision au dixième de degrés Celsius, à différents endroits de l’arbre (sous l’écorce, sur l’écorce, au niveau des aiguilles) et aux quatre points cardinaux.
L’ensemble de ces paramètres permet de caractériser le microclimat à l’échelle de ce mélèze. Ces données sont transmises à l’INRAE. Dans quelques mois elles seront également disponibles sur la plateforme (citée au-dessus).
Un dendromètre fixé dans le tronc est connecté à un second boîtier blanc. Les deux pointes enregistrent les variations du diamètre du tronc du mélèze. Ainsi, il est possible d’observer sa croissance durant la période de végétation et les micro-variations quotidiennes liées à la réserve en eau de l’arbre (réserve reconstituée la nuit et mobilisée le jour, en complément du prélèvement racinaire). Cet appareil mesure également la température, l’hygrométrie et la luminosité.
Une station météo installée à proximité du mélèze effectue des relevés de températures et quantifie le volume des précipitations.
L’ensemble de ces données vont nous permettre d’observer la plasticité écologique de ce mélèze, c’est-à-dire comment cet individu répond à son environnement.
La multiplication des dispositifs sur des espèces variées et des espèces similaires est pertinente pour analyser les différentes réponses des essences face aux variations du climat, et pour déterminer quels sont les mécanismes globaux d’adaptation des forêts.
Une présentation de l’observatoire sylvicole aura lieu le samedi 20 juin 2026 ; les informations concernant la rencontre sont disponibles sur l’affiche ci-dessous. Que vous soyez Guillestrin(e)s ou simplement curieux de découvrir le dispositif, vous êtes les bienvenus ! Participation sur inscription – pensez à réserver !