L’eau en haute montagne : protéger la vie

Zones humides, torrents, lacs, sources sont des composantes fortes de l’identité naturelle du Queyras.
La principale rivière qui traverse le territoire s’appelle le Guil. Affluent de la Haute-Durance, elle prend sa source en zone piémontaise à environ 2500 mètres d’altitude dans la réserve nationale naturelle du Viso et se jette dans la Durance à l’aval de la commune de Guillestre à 900 mètres d’altitude. C’est un cours d’eau au « régime nival », c’est-à-dire marqué par une période de hautes eaux débutant à la fin du printemps et issue de la fonte des neiges, et par une période de basses eaux en hiver lié aux précipitations sous forme de neige.

Le Guil et ses affluents ont toujours façonné les paysages et l’existence des populations.
Le Queyras représente une des entités les plus enclavées du Département des Hautes Alpes qui offre un paysage exceptionnel lié à la rigueur du climat, l’altitude et l’isolement. Le seul exutoire est constitué par le Guil qui s’encaisse dans de profondes gorges avant de rejoindre le Guillestrois.
Entourés de sommets, longtemps les habitants ont préféré sortir de cette forteresse par les cols, plutôt que par la voie de la rivière, jugée trop dangereuse.
Les risques naturels ont toujours fait partie intégrante du quotidien des populations qui ont su s’adapter aux contraintes et s’organiser.
La construction en habitat regroupé sur les cônes de déjection des torrents pour éviter les débordements fréquents du Guil en est un exemple.

L’eau y constitue une préoccupation essentielle : ressource vitale dont il faut préserver la qualité et assurer la gestion, risque naturel en terrain de montagne contre lequel il faut se prémunir pour la sécurité des personnes et des biens.

Elle est sollicitée par plusieurs usages :

  • Ressource en eau potable, indispensable en toute saison, notamment en période touristique où la population est multipliée par 10 ;
  • Ressource pour le secteur des sports d’hiver, via la création de neige et le stockage de l’eau dans les réserves collinaires ;
  • Ressource pour la production d’hydroélectricité, avec l’installation d’un barrage et de plusieurs microcentrales produisant l’équivalent de la consommation de toute la population permanente et touristique du Queyras et du Guillestrois ;
  • Ressource pour l’agriculture avec ces nombreux canaux d’irrigation et systèmes d’aspersion irrigant les prairies, les cultures et les pâturages qui couvrent près de la moitié du territoire ;
  • Atout paysager qui constitue un attrait particulier, mis en valeur notamment par les pratiques de la pêche et les sports d’eaux vives ;
  • Ressource pour la vie aquatique et réservoir biologique, abritant des habitats d’intérêt communautaires et des espèces rares.

Ce remarquable patrimoine lié à l’eau impose aux collectivités des devoirs collectifs de préservation et de prévention. Les communes du bassin versant du Guil se sont regroupées au sein d’un Comité de rivière pour une gestion globale et concertée de l’eau et de ses milieux.
Le Parc, dont le territoire constitue la quasi-totalité du bassin versant du Guil, coordonne la mise en œuvre des actions de gestion de l’eau, en mettant en place des outils de planification globale (contrat de rivière*, Programme d’actions de Prévention des Inondations – PAPI*) qui s’inscrivent dans les orientations de sa charte.

Le Parc et la gestion des risques naturels : un territoire « multi-risques »

Le bassin versant du Guil est un territoire qui concentre l’ensemble des aléas naturels caractéristiques des territoires de montagne : chutes de blocs, glissements de terrains, laves torrentielles, crues, avalanches, séisme. Ces aléas peuvent aussi interagir entre eux et provoquer des réactions en chaine aggravant les phénomènes et pouvant entrainer de multiples dommages : économiques, organisationnels, environnementaux et parfois humains.

Au total depuis 1331 plus de 750 évènements ont été enregistrés dans l’observatoire des risques en montagne (figure 1 et 2 ). Ces recensements ne peuvent pas être exhaustifs mais ils donnent une bonne image des événements auxquels le Queyras et le bassin versant du Guil ont été confrontés dans le passé. Les événements enregistrés dans cette base sont les événements suffisamment importants et ayant généré des dégâts. De nombreux autres événements n’ayant pas provoqué de dégâts significatifs ne sont pas enregistrés. C’est l’aléa inondation et torrentiel qui provoque le plus de dégâts (416 évènements enregistrés) mais la figure 2 montre que le territoire est également soumis aux autres aléas gravitaires de façon significative : avalanches, chutes de blocs, glissement de terrain…

fig1

Figure 1 : nombre d’évènements recensés par décennie

Fig2

Figure 2 : Evénements recensés, par type d’aléas

Contact :
CHARNAY Bérengère
Chargée de mission Eau et Risques Naturels
b.charnay@pnr-queyras.fr
04 92 46 88 89

Actions

13 avril 2021

Les actions du Parc sur les risques naturels

Le Parc a récemment élargi son domaine d’actions à tous les risques naturels. Voici plusieurs exemples.
13 avril 2021

Le PAPI du GUIL complet – avec travaux (2019 / 2025)

Le Parc du Queyras anime et coordonne un PAPI : programme d'actions de prévention des inondations
5 octobre 2017

Le contrat de rivière du Guil et son avenant (2005-2014)

Le territoire accusait un retard conséquent dans le domaine de l’assainissement. De plus, les fortes crues du Guil en 2000 ...
5 octobre 2017

Le Programme d’actions de Prévention des Inondations (2014-2016)

Dans la continuité du contrat de rivière du Guil, le Parc, avec l'appui des collectivités et des partenaires techniques, a monté un dossier de candidature à l'appel à projet PAPI ...
5 octobre 2017

Des exemples d’actions portées par le Parc

Le Parc assure la maîtrise d’ouvrage d’actions, généralement couvrant tout le bassin versant du Guil, et qui sont inscrites dans le contrat de rivière ou le PAPI ...