


La tordeuse grise du mélèze, Zeiraphera diniana, est une chenille qui, une fois par décennie, fait parler d’elle tant les dégâts qu’elle occasionne sont spectaculaires dans les mélézins alpins situés aux altitudes 1850 à 2000 m. Le brunissement soudain des massifs forestiers qui inquiète le promeneur estival ne révèle pas un nouveau type de dépérissement mais témoigne au contraire d’un équilibre biologique remarquable entre un insecte et un arbre. Ce phénomène, observé tous les huit à dix ans, existe vraisemblablement depuis des millénaires.
Dans le Queyras, en ce début d’été 2025, certains mélézins d’altitude se parent de couleurs automnales. Cette défoliation/brunissement lié aux chenilles de la Tordeuse grise du mélèze est par exemple bien visible sur les secteurs de Chorionde à Ceillac, dans le vallon de Souliers à Château-Ville-Vieille ou encore aux abords du col Izoard. Il n’y a pas de danger lié à cette chenille, seulement une perte de production des peuplements impactés sur une ou deux saisons et la baisse de la production de graines. Cette pullulation spectaculaire modifie nos paysages et les visiteurs du Queyras s’interrogent sur ce phénomène naturel très ancien. La repousse des aiguilles devrait arriver à partir du mois d’août sur les secteurs touchés cette année.

Le mélézin touché par la tordeuse grise sur la commune d'Abriès © ONF